Notre patrimoine culturel est déjà exposé au changement climatique
Des châteaux de la Loire touchés par les crues, une citadelle fragilisée par l’érosion, des œuvres millénaires menacées par les variations de température… Le changement climatique affecte déjà le patrimoine français. Inondations, fortes chaleurs, sécheresses, incendies, recul du trait de côte : ces risques menacent les monuments, les collections, les lieux de mémoire et les savoir-faire qui font la richesse de notre patrimoine.
Porté par une dynamique multi-acteurs, en lien avec le ministère de la Culture et le Centre des monuments nationaux, le rapport met le focus sur 20 sites patrimoniaux, en France hexagonale et en Outre-mer (dont la Guadeloupe et la Polynésie française). Il met en exergue les vulnérabilités actuelles et futures observables, les risques à venir et les solutions d’adaptation mises en place ou à développer.
L’exposition aux risques climatiques va s’accentuer vont s’accentuer : selon le rapport, à l’horizon 2050, l’intégralité des 110 sites gérés par le Centre des monuments nationaux devraient être fortement exposés à un nombre croissant d’aléas et de phénomènes intenses.
Contenu
Le 15 octobre, le Réseau Action Climat (RAC) publie « Patrimoine en danger – Vingt sites face au changement climatique », a publié le rapport national consacré à la protection du patrimoine culturel face aux conséquences du changement climatique.
Les deux contributions de l’AFPCNT
L’AFPCNT a apporté deux contributions importantes :
- un accompagnement des équipes du Réseau Action Climat, appuyé sur l’expertise et le réseau de son groupe de travail « Patrimoine et risques majeurs » ;
- un article rédigé par Virginie Perromat, chargée d’études Culture du risque et résilience à l’AFPCNT et coordinatrice du groupe de travail, relu par le Bouclier bleu France (BbF) et intitulé « Anticiper les risques de catastrophes pour mieux protéger le patrimoine culturel » (pages 72-73 du rapport). Il a été relu par Marie Courselaud, présidente du BbF, et Patrice Dallem, chargé de mission du BbF.
Notre message de prévention : anticiper les risques de catastrophes pour mieux protéger face à l’urgence climatique
Passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation et de résilience est au cœur du message de l’article
Dans le contexte actuel d’urgence climatique, la vulnérabilité du patrimoine culturel augmente face aux événements extrêmes liés aux aléas météorologiques et naturels, comme les incendies, les feux de forêt ou les inondations. L’article en tire plusieurs enseignements.
- Passer de la réaction à l’anticipation. Depuis 2015, le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, adopté par les Nations Unies, invite les États et les collectivités à passer d’une logique de réaction aux catastrophes à une logique d’anticipation et de résilience. La protection du patrimoine culturel y est considérée non comme un enjeu isolé, mais comme une composante essentielle de la résilience des sociétés et des territoires.
- Préserver ce qui fait la cohésion d’un territoire. Le patrimoine matériel et immatériel est essentiel à la transmission des cultures et à la cohésion des sociétés. Sa perte ou sa dégradation peut affaiblir durablement la capacité d’un territoire à se reconstruire, à maintenir son attractivité économique et touristique, ou encore à préserver son histoire et ses savoir-faire.
- Relier adaptation et prévention. La protection du patrimoine culturel apparaît comme un enjeu sociétal majeur d’adaptation, transcrit dans le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3), et de prévention, aligné avec l’objectif gouvernemental « Tous résilients face aux risques ».
- Mieux relier les acteurs et les connaissances. Les connaissances sur la réduction des risques de catastrophe pour le patrimoine restent encore peu systémiques : les liens entre prévention, protection, adaptation, gestion de crise et relèvement sont à valoriser davantage auprès de l’ensemble des parties prenantes.

Un groupe de travail dédié et des outils pour agir collectivement
Depuis 2023, l’AFPCNT et le Bouclier bleu France ont mutualisé leurs forces vives (adhérents et partenaires) au sein d’un groupe de travail consacré au patrimoine culturel et aux risques majeurs. Son ambition : renforcer la protection du patrimoine exposé aux risques naturels et technologiques, en lien avec le changement climatique, en développant une communauté ouverte tournée vers l’amélioration des connaissances, de la perception et de la gestion des risques majeurs, avant, pendant et après les désastres.
L’AFPCNT et son réseau s’engagent ainsi depuis plusieurs années à faire progresser les connaissances et les expertises croisées en matière de résilience et de culture du risque : sensibilisation, groupes de travail, articles, webinaires, fiches RETEX… autant d’outils développés avec leurs membres et partenaires pour répondre collectivement aux défis climatiques.
Parmi eux, les fiches de retours d’expérience (RETEX) « Patrimoine résilient face aux risques majeurs » offrent une vue globale et synthétique de l’avant, du pendant et de l’après-crise : exposition au risque, événement marquant, dommages connus, actions entreprises pour se relever, financements, freins et leviers. Elles contribuent aussi à archiver une mémoire des catastrophes patrimoniales parfois oubliée, diluée ou dispersée.
Mieux protéger nos monuments, c’est aussi protéger la capacité de nos territoires à se relever.
Merci aux équipes du Réseau Action Climat pour leur confiance, le Bouclier bleu France pour cette collaboration, ainsi que Marie Courselaud et Patrice Dallem pour leur relecture.
Pour télécharger la ressource
Découvrez l’article et téléchargez le rapport complet : Patrimoine en danger – Vingt sites face au changement climatique (Réseau Action Climat)